– Je viens de comprendre pourquoi ce morceau m’interpelle autant : l’intro (entre autres) ressemble très sensiblement à Oleg Byonic. Oleg m’a sauvée plus d’une fois des crises d’angoisse et de la terreur de vivre.
– Tu me feras écouter.
– Oui.
– J’aime beaucoup ces moments passés avec toi.
– Ça peut paraître dérisoire ou absurde, mais seule la face de D. peut me nourrir. Dans le fond du fond, tu sais. J’ai pas d’autres repères.
– Ce n’est ni absurde ni dérisoire.
– Dans ces moments, en filigrane je le recherche.
– J’arrive chez ma soeur.
– Je suis sur Jung (le format broché). Beaucoup de mal à me concentrer, je lis les phrases en sens inverse.
Avec la musique d’Adel dans la salle de bain (un truc berbère insupportable) par dessus mon son.
« Le Soi… est différent du moi. Le Soi est notre totalité psychique, faite de la conscience et de l’océan infini de l’âme sur lequel elle flotte »
Je suis dépassée par la nostalgie en relisant sur les archétypes. C’est toute mon enfance. L’anthropologie a été une porte vers le divin.
Je t’en parle comme ça, par SMS, mais je sais que je serai de toute façon incomprise. C’est même plus du solipsisme. C’est une démission.
La fragilité humaine, tout ça, celle de nos proches. De nos familles. Ceux qu’on ne voit plus et qui ont marqué nos vies. Et qui ne savent même pas qu’on les aime encore et que ce sera pour toujours. Et la misère humaine. Celle des enfants, des femmes, des handicapés. Et celle des hommes, qui touche le plus.
Je mélange tout ça à une infinie beauté qui vient sauver. Nous sauver. Je ne sais pas dans quelles mesures ce sont des états dissociatifs (et je m’en fous un peu).
J’ai vu les années défiler, j’ai essayé d’abord de maintenir le temps comme on tient du papier. C’était trop fort comme mouvement, on ne pouvait pas résister. Il fallait arrêter de vouloir contrôler.
Et toutes ces obsessions. Craintes. Peurs. Pièges. La peur de perdre. Tout se désagrège.
L’impermanence donne le vertige.
C’était/c’est un besoin que de s’accrocher à la permanence.
Et Il est le Permanent. Celui qui subsiste par lui-même.